Luc 24, 13-35
Le récit des disciples d’Emmaüs nous rejoint profondément. Deux disciples quittent Jérusalem après la crucifixion de Jésus. Ils s’éloignent du lieu où tout semblait s’être terminé. L’espérance qu’ils avaient placée en lui paraît brisée. Pourtant ces deux hommes ne sont pas étrangers à Jésus. Ils l’ont écouté, observé, suivi. Ils ont entendu son enseignement et même le témoignage des femmes annonçant qu’il était vivant. Mais leur cœur reste partagé entre espoir et découragement. Leur tristesse est telle qu’ils ne reconnaissent même pas Jésus lorsqu’il marche à leurs côtés. Cette situation n’est pas si éloignée de la nôtre. Nous aussi, nous cherchons parfois un sauveur triomphant qui transformerait immédiatement nos réalités. Et pourtant, dans nos vies comme dans le monde, nous faisons souvent l’expérience du doute, de la fatigue ou de l’inquiétude. La résurrection semble alors lointaine.
Le théologien John Stott rappelait que le christianisme est, dans son essence même, une religion de résurrection. Or, la résurrection ne peut être comprise sans la croix. La vie nouvelle surgit à travers la mort. D’ailleurs, lorsque Jésus apparaît ensuite aux disciples, il leur montre ses blessures. La gloire de la résurrection n’efface pas les plaies : elle les transforme.
Sur la route d’Emmaüs, Jésus marche avec les deux disciples. Il les écoute et leur ouvre les Écritures. Puis, au moment du repas, lorsqu’il prend le pain, le bénit et le partage, leurs yeux s’ouvrent. Ils reconnaissent enfin celui qui était avec eux depuis le début. La résurrection se révèle ainsi dans des gestes simples : l’écoute de la Parole et le partage. Peut-être est-ce là aussi notre chemin. Prendre le temps de méditer la Parole, de nous arrêter auprès du Christ, de nous asseoir à sa table et recevoir de lui. Vivre la résurrection ne signifie pas que la vie soit sans épreuves. Cela signifie que la mort et l’échec n’ont pas le dernier mot. Sur nos routes parfois incertaines, le Christ ressuscité continue de marcher avec nous, d’éclairer nos pas et de raviver en nous une espérance vivante.
Pasteur Christiane Stauffacher-Aldin, aumônier aéroport Charles-de-Gaulle





