Lorsque le prophète Isaïe, dans une vision extatique, s’est trouvé devant le Seigneur « assis sur un trône très élevé », et qu’il a entendu les séraphins crier : « Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire ! », il n’a pu que s’exclamer à son tour : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car (…) mes yeux ont vu le Roi, l’Éternel des armées », Is 6, 1-5.
Le seigneur d’Isaïe est-il vraiment le même que celui au nom duquel les chrétiens s’assemblent chaque semaine, pour lui rendre un culte ? Les églises et les temples sont-ils habituellement remplis d’êtres humains bouleversés par les attributs et les œuvres de l’Éternel ? Les chrétiens frémissent-ils souvent à la voix des prédicateurs qui leur proclament les perfections de Dieu ?
Le concept de sainteté est répandu dans le langage de la foi. Mais à force d’employer un terme sans en méditer le sens, on risque de le transformer en banalité. Or, qui oserait laisser entendre que la sainteté du Dieu unique et vivant est banale ? Il nous faut impérativement reprendre l’habitude d’étudier… Dieu ! C’est toute la noblesse de la théologie. Et c’est le profit incomparable de l’écoute des Écritures saintes, qui nous ont été données comme révélation spéciale de la part du Dieu très saint qui, dans sa terrifiante sainteté, nous désire près de lui. Ainsi, l’amour que Dieu a manifesté aux hommes à travers la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ, fonde la parole qu’il a ensuite adressée au prophète terrorisé : « Ta faute est enlevée, et ton péché est expié », Is 6, 7.
Mais notons bien que dans cette transaction de la grâce, c’est la faute de l’homme qui est enlevée, qui est effacée, qui est oubliée ; ce n’est pas la sainteté de Dieu, qui demeure la même, à perpétuité. Oui, les chrétiens adorent le même Dieu qu’Isaïe, et ce Dieu « est aussi un feu dévorant », He 12, 29.
Pasteur Alexandre Sarran (orateur des prochaines journées J2A)






