Parce que Dieu a répondu à une prière d’enfant, parce qu’il est venu rassurer la petite fille que j’étais, ce Dieu dont on parlait à la maison est très vite devenu celui à qui j’ai confié ma vie. Ma foi a grandi petit à petit et j’ai pu, cadeau inestimable, me construire sous le regard de Dieu.
Durant la période du lycée, le sol s’ouvre sous mes pieds. Je découvre la souffrance dans l’Église où je pensais avoir ma place. Je réalise amèrement que les chrétiens ne sont pas mieux que les autres. Et je me pose cette question : « Qu’est-ce que je fais ici ? » La réponse ne tarde pas dans mon cœur, comme une évidence. Elle ressemble à la réponse de Pierre à Jésus voyant la foule qui s’éloigne. « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? — Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous, nous croyons et nous savons que tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant », Jn 6, 68-69). Ma place est auprès de Jésus. Sa parole seule donne un sens à ma vie.
Un même sentiment de nécessité s’est imposé à moi à l’époque : je vais servir le Seigneur, faire autre chose serait perdre mon temps, me perdre. Oui, cette parole, je dois l’annoncer.
Alors me voilà sur mon vélo dans les rues de Genève. C’est là que j’ai grandi, me rendant à la fac de lettres, face au mur des Réformateurs. Passionnée par mes études littéraires, je me vois continuer avec des études de théologie, après quelques années d’enseignement, puis partir en mission en Asie. Je fais plusieurs voyages missionnaires à l’époque : Népal, Tadjikistan, Inde, Cambodge. La route me semble alors bien tracée.
Quelques années plus tard, à la faculté Jean-Calvin, c’est le grand bouleversement. Je comprends que suivre Jésus, ce n’est pas marcher devant lui, mais derrière lui. C’est me laisser dérouter par ce qu’il a à m’offrir (un mari par exemple !), par des défis inattendus qu’il a préparés d’avance ; il me connaît si bien et il m’en donnera la force.
Et me voilà en Provence dans les rues de Lambesc, sur mon vélo, électrique cette fois, et tirant dans une carriole nos deux petites filles. Mon mari tire la langue derrière, il n’a pas de vélo électrique, lui. Je me retourne et mon cœur est plein de reconnaissance. Quelle joie de servir le Seigneur à deux, avec Pierre, mon pasteur de mari. Quelle joie de participer à l’œuvre de Dieu en tant que pasteure évangéliste à l’Unepref.
Je suis au tout début de cette aventure exigeante et belle, et déjà une nouvelle page va s’ouvrir. En août, nous déménageons en petite Camargue pour servir dans l’Église de Vauvert. De nouveaux chemins encore inconnus sont devant nous.
Si vous voulez m’accompagner dans la prière, priez pour :
- toujours mieux comprendre et vivre le ministère que Dieu m’a confié.
- notre installation à Vauvert et la première rentrée scolaire de notre aînée, Léa ;













